Le koï est un poisson d’eau douce. La concentration en sels minéraux de son organisme est naturellement supérieure à celle de l’eau qui l’entoure.
Son organisme travaille donc continuellement pour maintenir cet équilibre.
L’ajout d’une quantité contrôlée de chlorure de sodium (NaCl) dans l’eau réduit temporairement cette différence de concentration. Le poisson dépense alors moins d’énergie pour assurer sa régulation osmotique.
C’est notamment pour cette raison que le sel peut être intéressant lorsqu’un koï est affaibli ou vient de subir un stress important.
Mais attention : le sel n’est pas un médicament universel. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement spécifique lorsque celui-ci est nécessaire.
Il existe plusieurs situations dans lesquelles son utilisation peut présenter un intérêt :
En revanche, nous ne conseillons pas de maintenir systématiquement un bassin salé « au cas où ».
Une bonne qualité d’eau, une filtration biologique correctement dimensionnée, une oxygénation suffisante et une alimentation adaptée restent les bases de la bonne santé des koïs.
C’est probablement l’une des utilisations les plus intéressantes du sel.
Une concentration élevée de nitrites (NO₂) représente un danger important pour les poissons. Les nitrites pénètrent notamment dans l’organisme par les branchies et perturbent le transport de l’oxygène dans le sang.
Le chlorure présent dans le sel entre en compétition avec les nitrites au niveau des branchies et peut ainsi réduire leur absorption par le poisson.
Le sel ne fait cependant pas disparaître les nitrites. C’est une distinction essentielle.
Si votre bassin présente des nitrites, il faut rechercher la cause : filtration biologique insuffisante ou immature, augmentation brutale de la population, suralimentation, problème de filtration, traitement ayant affecté les bactéries, etc.
Le sel peut protéger temporairement les poissons pendant que l’on corrige le problème, mais il ne répare pas le déséquilibre biologique du bassin.
Dans ce type de situation, une concentration de l’ordre de 0,3 %, soit 3 kg de sel par m³, est couramment utilisée.
Les nitrites doivent parallèlement être contrôlés régulièrement.
Le transport, une manipulation importante ou l’arrivée dans un nouvel environnement peuvent provoquer un stress considérable chez un koï.
Une faible concentration de sel peut alors faciliter temporairement sa régulation osmotique.
Des concentrations de l’ordre de 0,1 à 0,2 %, soit 1 à 2 kg de sel par m³, peuvent être utilisées dans ce contexte.
Cela doit rester une utilisation ponctuelle et justifiée.
Le calcul est très simple lorsque l’on connaît le volume réel du bassin.
1 kg de sel par m³ d’eau augmente la concentration d’environ 0,1 %.
| Concentration souhaitée | Quantité de sel |
|---|---|
| 0,1 % | 1 kg/m³ |
| 0,2 % | 2 kg/m³ |
| 0,3 % | 3 kg/m³ |
| 0,5 % | 5 kg/m³ |
Pour obtenir une concentration de 0,3 % :
10 m³ × 3 kg = 30 kg de sel
Cela suppose évidemment que le bassin ne contient pas déjà de sel.
C’est une notion importante pour comprendre ce qui se passe dans un bassin.
Lors de l’évaporation, ce sont essentiellement les molécules d’eau (H₂O) qui quittent le bassin sous forme de vapeur. Le sel et, plus généralement, les minéraux dissous restent dans l’eau.
En été, lorsque le niveau du bassin baisse, la quantité d’eau diminue mais les sels et minéraux restent présents. Leur concentration peut donc augmenter.
Lorsque vous complétez simplement le niveau avec de l’eau neuve, vous remplacez l’eau qui s’est évaporée, mais vous n’avez pas retiré les minéraux déjà présents.
Une remise à niveau n’est donc pas un changement d’eau.
C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles il est important d’effectuer régulièrement des changements d’eau dans un bassin à koïs.
Dans le cas du sel, seuls les changements d’eau permettent de faire diminuer progressivement sa concentration.
Prenons un exemple concret avec un bassin de 30 m³ dans lequel nous avons ajouté 150 kg de sel, soit une concentration de 5 g/L (0,5 %).
Nous effectuons ensuite un changement d’eau de 20 % par semaine, soit 6 m³ à chaque changement, sans ajouter de nouveau sel.
| Temps écoulé | Sel restant | Concentration |
|---|---|---|
| Départ | 150 kg | 5,00 g/L |
| Après 1 semaine | 120 kg | 4,00 g/L |
| Après 2 semaines | 96 kg | 3,20 g/L |
| Après 3 semaines | 76,8 kg | 2,56 g/L |
| Après 1 mois (4 semaines) | 61,4 kg | 2,05 g/L |
| Après 2 mois (8 semaines) | 25,2 kg | 0,84 g/L |
| Après 3 mois (12 semaines) | 10,3 kg | 0,34 g/L |
Après seulement trois semaines, et déjà 18 m³ d’eau changés, il reste encore plus de la moitié du sel initial dans le bassin.
Plus impressionnant encore : après 3 mois, avec un changement d’eau de 20 % toutes les semaines, nous aurons changé au total 72 m³ d’eau, soit plus de deux fois le volume total du bassin.
Et pourtant, il reste encore environ 10 kg de sel, soit une concentration d’environ 0,34 g/L.
Le sel est donc très facile à ajouter dans un bassin, mais beaucoup plus long à éliminer.
C’est une bonne raison de réfléchir à son utilisation avant de saler l’ensemble du bassin.
Si votre bassin a déjà été salé, ne calculez jamais une nouvelle dose en supposant que la concentration est revenue à zéro.
Le plus sûr est de mesurer la salinité réellement présente dans l’eau à l’aide d’un testeur de sel.
Votre bassin contient 20 m³.
Vous mesurez une salinité de 0,12 % et souhaitez atteindre 0,30 %.
Il manque :
0,30 - 0,12 = 0,18 %
0,18 % correspond à 1,8 kg de sel par m³.
Il faudra donc ajouter :
20 × 1,8 = 36 kg de sel
et non 60 kg comme on pourrait le calculer en supposant à tort que le bassin ne contient plus de sel.
Voir le testeur de sel Koiconnect
Une mesure n’est réellement utile que si l’appareil fournit une valeur fiable.
Il est donc conseillé de contrôler périodiquement le calibrage du testeur à l’aide d’une solution étalon dont la concentration est connue.
Koiconnect propose une solution de sel à 0,5 % (5 ppt) permettant de contrôler et de calibrer les testeurs compatibles.
Voir la solution de sel à 0,5 %
Cette vérification est particulièrement intéressante avant un ajustement précis de la salinité. Sur un bassin de grand volume, une petite erreur de mesure peut déjà représenter plusieurs kilos de sel.
Tous les sels ne sont pas forcément identiques.
Ce qui nous intéresse pour le bassin est essentiellement le chlorure de sodium (NaCl).
Il faut privilégier un sel adapté à cet usage, sans substances ajoutées dont nous n’avons pas besoin dans l’eau du bassin.
Certains sels destinés à l’alimentation ou à d’autres usages peuvent notamment contenir de l’iode, des agents anti-agglomérants ou différents additifs.
L’objectif n’est donc pas simplement d’acheter « du sel », mais un produit dont on connaît la composition et qui convient à une utilisation avec des poissons.
Le sel pour bassin proposé par Koiconnect est un sel naturel sans additif adapté à cet usage.
Voir le sel pour bassin Koiconnect
Évitez de verser une quantité importante de sel directement sur les poissons.
Répartissez l’apport et assurez une bonne circulation de l’eau afin d’obtenir progressivement une concentration homogène.
Pour des quantités importantes, l’apport peut être réalisé progressivement.
Une bonne oxygénation du bassin est également recommandée lorsqu’un problème sanitaire ou une montée de nitrites affecte les poissons.
Une salinité élevée et prolongée n’est pas toujours sans conséquence pour le matériel.
La présence de sel peut accélérer la corrosion de certaines pièces métalliques, notamment sur les pompes, visseries, colliers, raccords et autres équipements comportant des métaux de qualité médiocre ou insuffisamment protégés contre la corrosion.
Les équipements conçus avec des matériaux adaptés résistent généralement beaucoup mieux, mais ce n’est pas forcément le cas de tout le matériel installé dans ou autour d’un bassin.
C’est une raison supplémentaire pour ne pas maintenir inutilement une forte concentration de sel pendant plusieurs mois.
Comme le montre notre exemple précédent, même avec un changement d’eau de 20 % chaque semaine, le matériel peut rester exposé à une eau contenant du sel pendant une période assez longue.
Toutes les plantes ne tolèrent pas le sel de la même manière.
Plus la concentration augmente, plus certaines plantes aquatiques peuvent souffrir.
Il faut donc tenir compte de la végétation présente dans le bassin avant d’augmenter fortement sa salinité.
La présence de zéolite dans la filtration demande une attention particulière avant d’utiliser du sel.
La zéolite est notamment employée pour fixer l’ammonium présent dans l’eau. En présence d’une concentration importante de sodium, des échanges ioniques peuvent provoquer le relargage d’une partie de l’ammonium précédemment fixé.
Évitez donc d’ajouter du sel dans un bassin contenant de la zéolite chargée sans maîtriser cette interaction.
Ne supposez jamais qu’un traitement est automatiquement compatible avec le sel.
Selon le principe actif et la concentration utilisée, la présence de sel peut modifier les conditions d’utilisation d’un médicament ou d’un traitement pour bassin.
Avant d’utiliser un traitement :
mesurez la concentration de sel et consultez les indications du fabricant.
La même prudence s’applique aux produits anti-algues et aux autres traitements chimiques.
C’est également une bonne raison de ne pas maintenir inutilement du sel dans le bassin : lorsqu’un traitement devient nécessaire, une salinité importante peut réduire les possibilités disponibles.
Le sel n’est pas un antiparasitaire universel.
La sensibilité au sel varie selon les parasites, la concentration et la durée d’exposition.
Le Costia (Ichthyobodo) est notamment un bon exemple : certaines formes peuvent présenter une bonne tolérance à la salinité. Il ne faut donc pas considérer qu’un bassin salé est automatiquement protégé contre le Costia.
Lorsqu’un poisson se frotte, produit beaucoup de mucus, serre ses nageoires ou présente un comportement inhabituel, saler le bassin à l’aveugle peut faire perdre un temps précieux.
En cas de suspicion de parasites, l’idéal est d’effectuer un frottis et un examen au microscope, afin d’identifier le parasite avant de choisir le traitement approprié.
Le sel peut être un outil utile, mais il ne remplace pas un diagnostic.
| Volume du bassin | 0,1 % | 0,2 % | 0,3 % | 0,5 % |
|---|---|---|---|---|
| 5 m³ | 5 kg | 10 kg | 15 kg | 25 kg |
| 10 m³ | 10 kg | 20 kg | 30 kg | 50 kg |
| 20 m³ | 20 kg | 40 kg | 60 kg | 100 kg |
| 30 m³ | 30 kg | 60 kg | 90 kg | 150 kg |
| 50 m³ | 50 kg | 100 kg | 150 kg | 250 kg |
Ces quantités correspondent à un bassin initialement à 0 % de salinité.
Si du sel est déjà présent, mesurez la concentration avant de calculer la quantité supplémentaire.
Pour nous, non.
Un bassin à koïs n’a pas besoin d’être salé en permanence pour fonctionner correctement.
Le sel est intéressant parce qu’il est simple et utile dans certaines situations bien précises. C’est justement pour cette raison qu’il vaut mieux le conserver comme un outil à utiliser lorsque l’on en a réellement besoin.
Maintenir inutilement une salinité permanente peut compliquer certains traitements ultérieurs, être défavorable à certaines plantes et exposer inutilement certains équipements métalliques à la corrosion.
La priorité reste toujours une eau de bonne qualité, une filtration adaptée, une bonne oxygénation, des changements d’eau réguliers et une surveillance attentive des poissons.
Le sel peut avoir toute sa place dans la gestion d’un bassin à koïs, à condition de l’utiliser avec méthode.
Retenez principalement :
1 kg de sel par m³ = environ 0,1 % de salinité.
Connaissez le volume de votre bassin, mesurez la salinité lorsqu’il a déjà été traité, utilisez un sel adapté et vérifiez toujours la compatibilité avec les autres traitements.
Et n’oubliez pas : le sel et les minéraux ne s’évaporent pas avec les molécules d’eau (H₂O). Les changements d’eau restent indispensables.
Avant de mettre du sel ou tout autre traitement dans le bassin, posez-vous toujours la première question :
Pourquoi est-ce que je veux traiter ?
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